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« Priez pour moi, pour que je continue d’être ce pasteur selon le cœur de Dieu ! »

Publier le 14 septembre 2013

Samedi 31 août dernier, Mgr Anatole Milandou, archevêque métropolitain de Brazzaville, a célébré le trentième anniversaire de son ordination épiscopale, par une messe solennelle à la place mariale de la cathédrale Sacré-Cœur, au cours de laquelle il a ordonné quinze diacres. Le cardinal Laurent Monsengwo- Pasinya, archevêque de Kinshasa (République Démocratique du Congo), les évêques du Congo dont Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, président de la C.E.C (Conférence épiscopale du Congo), et de nombreux prêtres avaient concélébré cette messe.

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? », avait dit Mgr Milandou, en latin, dans son mot de remerciements, après les hommages qui lui avaient été rendus.

«  Priez pour moi, pour que je continue d’être ce pasteur selon le cœur de Dieu !  », a-t-il lancé aux prêtres et aux fidèles laïcs, pour conclure son mot de remerciements, dont voici l’intégralité. Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?
C’est par ces mots du psalmiste que je voulais rendre grâce au Seigneur, notre Dieu, qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, qui nous aime de toute éternité et appelle chacun de nous par son nom. Il y a trente ans en effet, comme beaucoup l’ont déjà dit et précisément le 28 aout 1983, fête de Saint-Augustin, cette grande figure, ce grand évêque africain, Mgr Hervé Itoua et moi, étions ordonnés évêques, par le cardinal Roger Etchegaray, délégué du Pape Jean-Paul II, à la clôture de la célébration du centenaire de l’évangélisation de notre pays.

Depuis ce jour, comme l’on dit, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Trente ans, c’est peu de choses, aux yeux de Dieu, pour qui mille ans sont comme le jour d’hier. Mais pour nous les humains, c’est beaucoup, cela représente beaucoup pour nous qui sommes soumis à la contingence et à la finitude de la vie.

Aujourd’hui, vous avez voulu m’entourer de votre amitié, de vos prières, pour rendre grâce à Dieu, pour sa bienveillance, sa miséricorde, pour sa sollicitude envers son humble serviteur que je suis. Je n’ai pas plus de mérite que vous. Et le seul cantique qui puisse s’élever de mes lèvres, en cette circonstance, est le « Magnificat », cet extraordinaire chant de la Vierge Marie.

Celle-ci, sous la mouvance de l’Esprit- Saint, nous a laissé ce chant d’action de grâce et des milliers de générations de chrétiens ont chanté et continueront de chanter : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ».
Ce cantique que nous chantons, que nous lisons chaque soir aux vêpres. Marie nous entraînant dans la louange, je voudrais faire miennes, les paroles du psalmiste : « L’amour du Seigneur sans fin je le chante ; Ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge ; Je le dis : c’est un amour pour toujours ; Ta fidélité est plus stable que les cieux ; Avec mon élu, j’ai fait une alliance ; J’ai juré à David mon serviteur : j’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges ; Que les cieux rendent grâce pour ta merveille Seigneur et l’assemblée des saints pour ta fidélité ».

C’est cette fidélité au Seigneur, cette fidélité surtout du Seigneur, qui nous garde, qui tient notre existence, qui soutient notre existence, c’est pour cette fidélité du Seigneur à laquelle nous voulons d’abord rendre grâce. Que Dieu notre Seigneur soit donc le premier remercié, Lui qui m’a donné la vie, qui me fait participer au sacerdoce de son Fils Jésus, en m’appelant à son service !

Je dis toute ma gratitude, à Son Éminence Laurent cardinal Monsengwo-Pasinya, qui n’a pas hésité à faire la traversée, malgré l’immensité de ses activités pastorales. Merci Éminence, pour le mot que vous venez de prononcer à mon endroit et qui m’est allé droit jusqu’au cœur. Nous savons toujours compter sur votre proximité fraternelle, à l’occasion des grands évènements que nous célébrons ici à Brazzaville, vous avez toujours eu le temps, lorsque le temps vous le permet, de venir ici, et nous sommes toujours heureux de vous recevoir.

Au secrétaire du nonce apostolique, Mgr François Xavier Diaz, je dis merci ; aux évêques du Congo ici présents, je dis toute ma reconnaissance. Ceux qui n’ont pas pu venir se sont excusés, parce que retenus par des activités pastorales... Je dis, à tous, un grand et sincère merci.

Un merci spécial aux membres du collège des consulteurs qui avez souhaité et m’avez même persuadé de faire coïncider ce jubilé avec le diaconat de nos quinze grands séminaristes...

Aux prêtres du diocèse qui ont assumé la responsabilité de préparer cette fête, ma profonde gratitude... Les mots qui m’ont été adressés, d’abord l’homélie et aussi les paroles de notre doyen, Ya Michel Kouaya- Kombo, toutes ces paroles, j’espère que c’est un testament pour nous. Il a révélé beaucoup de choses : ils m’ont acheté une voiture, je ne m’y attendais pas ; ce sont des choses auxquelles je ne pensais pas. Ce sont les prêtres qui me l’offrent, merci beaucoup...

Ya Michel, je fus un grand chauffeur ! Je conduisais Monseigneur Batantu dans les convois officiels. Et tu as parlé du travail que je faisais ici (au secrétariat de l’archevêché). Effectivement, c’est Mgr Batantu qui me dira lui-même : Ah, mais moi je ne savais pas que je te donnais beaucoup de travail !

C’est Mgr Michel Kouaya et l’abbé Kimbembo qui sont venus me voir, pour me dire qu’à cette allure, tu vas tuer ton secrétaire !

Effectivement, Mgr Batantu, c’était un homme de nuit. Il travaillait la nuit. Jusqu’à minuit, vous pouvez travailler là, il ne s’en rendait pas compte.

Et puis, je devais aller à l’université, je devais conduire parfois l’archevêque, quand il n’y avait pas de chauffeur ; il n’y avait qu’un chauffeur en ce temps-là, Dynamique. Quand il était parti, mais je me devais de conduire Monseigneur, et dans les convois officiels. J’avais la paroisse de Kingouari où j’étais administrateur, même curé, en ce temps-là, pendant que j’étais secrétaire.

Donc, tout ça, ça faisait beaucoup de travail. C’est pour dire, tout ça, c’est des services. C’est un service et les Ya Michel, parce qu’ils ont été attentifs… Parce que c’est ça aussi, être attentif aux autres.

C’est ça que je ne cesse de dire à mes jeunes prêtres. Je leur ai dit ça hier encore. Être attentif dans vos communautés : qui est dans le besoin ? Il faut être attentif ! Même dans vos foyers (vous les chrétiens), soyez attentifs à vos enfants, à votre femme, à votre mari : qu’est-ce qui manque, de quoi ma femme a besoin...

Tout ça, il faut être attentif. Mais si vous êtes là comme des morceaux de briques collés les uns à côté des autres, eeh, vous créez des enfers. Parce que je dis aux prêtres : il faut créer des paradis, là où vous êtes. Si vous êtes envoyé à Mbé, créer votre paradis là, pas la peine d’envier ceux qui sont en ville. Quand le cardinal m’avait envoyé à Mindouli, mais on avait créé le paradis là-bas, on était heureux. Le cardinal me nomme directeur de Mbamou. Mbamou, c’était un lieu redouté, beaucoup (de prêtres) ne voulaient pas y aller. Et quand j’y suis allé, mais les séminaristes que j’ai eus étaient tellement contents qu’ils ne voulaient même plus aller en vacances. On y avait créé le paradis, malgré tout ce qu’on disait de Mbamou. Demandez aux jeunes prêtres, ils sont là...

A vous les prêtres, religieux, religieuses, les laïcs chrétiens qui vous êtes mobilisés pour cette fête, votre impressionnante présence m’émeut et me réconforte beaucoup.
Que soient remerciés, au plus profond de mon cœur, tous ceux qui ont contribué à rendre digne et belle cette célébration eucharistique. Les choristes, les scholas, le chœur des amis du grégorien, les enfants de chœur, les lecteurs, les Élisa.

Et toute ma reconnaissance à nos distingués invités : le ministre d’État, le préfet, les ministres, les honorables députés, les vénérables sénateurs, les autorités politiques, civiles, militaires et administratives, merci pour votre présence. Merci aux membres du conseil œcuménique ! Tous les prêtres des autres diocèses, les délégations des autres diocèses, j’en ai vu qui sont venus de Pointe-Noire... Merci pour ce geste-là !

Merci à vous tous, de votre soutien multiforme, tant spirituel que moral et matériel. (Montrant les dons) : la preuve que je suis comblé ; mais, ce n’est pas pour moi, c’est pour toute la communauté. Tout ce qu’on nous offre, c’est pour la communauté. Je n’emmène jamais les choses dans ma famille. C’est pour les communautés. Nous avons la maison des prêtres à construire.

Donc, tout ça, quand on nous donne, on a aussi beaucoup, beaucoup de besoins.
Ya Michel a parlé de Sainte-Anne. Ah, j’ai seulement eu la chance, ou j’ai été seulement un « profito-situationniste ». Il faut remercier l’équipe de réhabilitation de Sainte-Anne. C’est celle-là qui m’aiguillonne, c’est l’interface. Pour beaucoup de projets, quand il y a une mauvaise interface, ça ne marche pas. Il faut donc une interface qui soit vigilante...

Donc, merci pour votre soutien...

C’est pour cela que je tiens encore bon, malgré les tempêtes du dedans comme du dehors de l’Église. Grâce à vos prières, je tiens. Merci Ya Michel pour votre mot ; merci Monsieur l’abbé Mesmin pour votre homélie qui nous a retracé le chemin du pasteur qu’il faut suivre.

Je n’oublie pas les nouveaux diacres qui font désormais partie du clergé. Je leur souhaite bon courage, persévérance et fidélité...

A vous tous qui avez pris part à cette célébration, je dis à chacun un sincère et profond merci, pour l’attention, l’amitié, la joie et tous les gestes de générosité manifestés à l’occasion de mes trente ans d’épiscopat. Mais, n’oublions pas que nous sommes des jumeaux.

Malheureusement, l’autre jumeau est en France : Mgr Itoua, qui est évêque émérite de Ouesso.

Je vous remercie pour toutes les prières élevées en ma faveur et je continue de compter sur elles : priez pour moi, pour que je continue d’être ce pasteur selon le cœur de Dieu ! Amen ! ».

Propos retranscrits par
Aybienevie N’KOUKA-KOUDISSA et J. MBANZA


 

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