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ARCHIDIOCÈSE DE BRAZZAVILLE

MESSE DU JUBILE DES 50 ANS DE LA PAROISSE JÉSUS RESSUSCITE ET DE LA DIVINE MISÉRICORDE

vendredi 21 avril 2017

Aujourd’hui, le monde entier est en fête. L’Église célèbre la solennité des solennités, la plus grande fête de l’histoire : la Pâques chrétienne. La résurrection du Seigneur est la fête qui donne un sens à nos vies à nos existences, à nos joies et à nos souffrances. C’est l’événement central de toute l’histoire. C’est vers lui que tout converge dans la vie du Christ comme c’est le point culminant de la vie de l’Église.

Tous les évangélistes s’accordent pour désigner les femmes comme les premiers témoins de la résurrection de Jésus. Cette formidable nouvelle n’est pas une spéculation ou une invention des Apôtres qui auraient pu alors s’arroger le privilège de la primeur de cette nouvelle.

Nous avons suivi la passion de Jésus. Les Évangiles nous mettent en présence de quelques femmes qui ont suivi et aimé Jésus. Elles lui sont restées fidèles. Ce dimanche là, alors que la nuit touchait à sa fin et que l’aurore allait bientôt poindre, des femmes s’étaient mises en route pour aller remplir un devoir, celui d’embaumer le corps de leur Seigneur. Elles n’avaient pas le cœur en paix pour n’avoir pas assuré le vendredi une sépulture digne. Elles allaient au tombeau, et voilà qu’elles ne trouvent qu’une pierre roulée et un tombeau vide. Spectacle funeste et désolant. Elles ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus.

L’Évangile de Jean proposée aujourd’hui par la liturgie à notre méditation, commence le récit de la Résurrection autour de trois personnages : Marie-Madeleine, Pierre et l’autre disciple, en qui la Tradition reconnaît Jean.

L’action se situe autour du tombeau et du tombeau vide, le mot revient six fois —. C’est Marie- Madeleine, venue la première, qui le constate, la pierre est roulée ; n’a-t-on pas enlevé le corps du Seigneur ? Elle court avertir Pierre et Jean. Ceux-ci à leur tour voient le tombeau vide. Mais les linges qui enveloppaient le corps sont là, bien rangés, il ne s’agit donc pas d’un enlèvement.

Jean, profondément attaché au Seigneur y voit un signe ; avec l’intuition de l’amour, il sait que le Seigneur est ressuscité : « il vit, et il crut ».

De Pierre, il n’est pas dit qu’il crut à cet instant. Arrêtons-nous sur l’attitude de Pierre sur qui le Pape François fait le commentaire suivant :

« Pierre courut au tombeau » (Le 24, 12). Quelles pensées pouvaient donc agiter l’esprit et le cœur de Pierre pendant cette course ? L’Évangile nous dit que les Onze, parmi lesquels Pierre, n’avaient pas cru au témoignage des femmes, à leur annonce pascale. Plus encore, « ces propos leur semblèrent délirants » (v. 11). Il y avait donc le doute dans le cœur de Pierre, accompagné de nombreuses pensées négatives : la tristesse pour la mort du Maître aimé, et la déception de l’avoir trahi trois fois pendant la Passion.

Mais il y a un détail qui marque un tournant : Pierre, après avoir écouté les femmes et ne pas les avoir cru, cependant « se leva » (v. 12), Il n’est pas resté assis à réfléchir, il n’est pas resté enfermé à la maison comme les autres. Il ne s’est pas laissé prendre par l’atmosphère morose de ces journées, ni emporter par ses doutes ; il ne s’est pas laissé accaparer par les remords, par la peur ni par les bavardages permanents qui ne mènent à rien. Il a cherché Jésus, pas lui-même. Il a préféré la voie de la rencontre et de la confiance et, tel qu’il était, il s’est levé et a couru au tombeau, d’où il revint « tout étonné » (v. 12). Cela a été le début de la « résurrection » de Pierre, la résurrection de son cœur. Sans céder à la tristesse ni à l’obscurité, il a laissé place à la voix de l’espérance : il a permis que la lumière de Dieu entre dans son cœur, sans l’éteindre.

Les femmes aussi, qui étaient sorties tôt le matin pour accomplir une œuvre de miséricorde, pour porter les aromates à la tombe, avaient vécu la même expérience. Elles étaient « saisies de crainte et gardaient le visage incliné vers le sol », mais elles ont été troublées en entendant les paroles de l’ange : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » (v. 5).

Quant à Marie-Madeleine, son chemin a d’abord été un aller- retour à la recherche du corps de son Seigneur ; sa course éperdue va s’achever dans la rencontre de Jésus vivant qu’elle reconnaîtra à l’appel de son nom (Jn 20,16).

La résurrection de Jésus a surpris les disciples. Ils n’avaient pas compris que, « d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 1,9) et leur esprit n’avait pas compris l’annonce par Jésus lui-même de sa résurrection. Les évangiles notent le désarroi des disciples, leur doute, même devant Jésus ressuscité.

La résurrection est un événement si inattendu qu’il faudra la venue de l’Esprit-Saint pour que les témoins de Jésus, bannissant la peur et le doute, aillent proclamer dans le monde : « Il est ressuscité, il est vivant ». Jésus ressuscité est invisible à nos yeux, car il est transformé, « autre » ; nous le reconnaissons dans la toi.

Le chemin de Marie-Madeleine, Pierre et Jean au tombeau vide est notre chemin aujourd’hui. Nous suivons ces témoins du Christ, nous nous appuyons sur le témoignage de ceux qui ont vu et ont cru, après avoir douté. C’est avec force que Pierre affirmera au jour de la Pentecôte :

« Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous tous en sommes témoins ... Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ... » (Aet. 2,22-26).« Le Prince de la vie que vous avez crucifié, Dieu t’a ressuscité d’entre les morts ... C’est pour vous que Dieu a d’abord suscité puis envoyé son serviteur » (Act. 3,15,26).Jean de son côté se porte témoin véridique : « Nous avons vu et nous rendons témoignage » (1 Jn 1,3 - voir Jn 20,30-31 et 21,24).

Notre foi aujourd’hui est celle des femmes, premières messagères de la Résurrection, des Apôtres, des disciples. Oui, vraiment il est ressuscité, c’est la proclamation de notre foi en ce temps pascal, affirmation reprise chaque dimanche, jour du Seigneur ressuscité, et à chaque Eucharistie.

Jésus est ressuscité pour tous les hommes, tout être humain est appelé à devenir semblable à Lui. Cette conviction nous conduit-elle au respect de chaque personne, à plus de justice, d’entraide et d’amour ?

Aujourd’hui, votre paroisse fête son jubilé d’or : les 50 ans de sa fondation. Nous en rendons grâce à Dieu. C’est l’occasion de dire merci dans le Seigneur aux fondateurs de cette paroisse, à tous ceux qui y ont travaillé (prêtres, religieux, religieuses, laïcs), depuis sa création jusqu’à ce jour ! Vous avez conquis de l’espace et la paroisse s’est agrandie. Elle s’embellit sans cesse et sans cesse elle se transforme grâce à votre générosité. À votre Curé, à ses vicaires et aux membres des deux Conseils et à vous tous chrétiens de Jésus Ressuscité sans exception, je rends mes sincères hommages. Vous avez su accroître l’héritage laissé par les anciens Vous avez conquis l’espace

Votre paroisse porte a pour St Patron « Jésus Ressuscité et la Divine Miséricorde ». C’est tout un programme. Reflétez l’esprit du Ressuscité. Devenons comme les Apôtres. Ils sont ressuscités avec le Christ. Il leur a communiqué l’Esprit Saint faisant d’eux des êtres nouveaux. Ils sont transformés. Ils ne s’enferment plus dans les maisons par peur des juifs. Ils sont libérés de toutes les peurs qui les ont paralysés depuis l’arrestation de Jésus jusqu’à sa mort. C’est l’occasion aussi de vous inviter à être davantage témoin de la miséricorde divine, c’est-à-dire rayonné à travers les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde que vous poserez. Je vous invite à avancer toujours au large.

Pâques c’est tout simplement accepter ce fait, Jésus est passé de la mort à la vie, pour demeurer parmi nous et jusqu’à la fin des temps. Il est passé.

Je disais aux chrétiens de la Cathédrale à la vigile pascale de l’année dernière :
Dans l’histoire de l’humanité, il y a eu d’autres passages qui ont précédé et annoncé celui du Christ. Nous en avons entendu le récit au cours de la veillée pascale.

Le passage du néant, du non-être à la vie, le grand récit de la création où Dieu fait passer à la lumière à la vie toute cette création.

Le passage de la servitude, de l’esclavage, de la désespérance à la liberté, à l’espérance : le grand récit du passage de la mer Rouge. Passage d’un état de souffrance, de pleurs, de servitude, de mort à un état de liberté, de joie de vivre.

Pâques c’est cela : le passage du vendredi saint : la mort, la terre qui tremble, le voile qui se déchire, la pendaison de Judas ... à la clarté du Dimanche de la Résurrection, Il est Vivant, c’est vrai, Il est Ressuscité comme il nous l’avait annoncé.

Et alors, frères et sœurs, concrètement et simplement cela veut dire que chacun d’entre nous est invité à faire lui aussi de sa vie, un passage.

Passage journalier de la peur à la paix, du laisser-aller ou du découragement à l’acceptation de la lutte et du combat avec la certitude de la victoire.
Passage de l’esclavage du péché, toutes ces passions que nous traînons et qui nous collent à la peau : mensonge, hypocrisie, peur, accusations oui passage du péché à la liberté d’aimer, de servir, de construire.

Tous ces passages humbles et discrets qui font la trame de nos vies et qui préparent à ce grand passage : celui de notre mort pour ressusciter à la plénitude de la vie avec Dieu.

C’est cela que nous fêtons aujourd’hui, c’est cela Pâques : accepter le passage mais avec la certitude la victoire. Car la même énergie, la même force, la même puissance qui a fait passer Jésus de la mort à la Résurrection, nous habite et nous enveloppe... si toutefois nous croyons et acceptons le combat : passer de la médiocrité de notre condition actuelle à une vie plus belle, plus remplie, à une vie de sainteté.

Mgr Anatole MILANDOU, Archevêque de Brazzaville,
DIMANCHE DE LA RÉSURRECTION - 16 AVRIL 2017

 

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