mardi 21 août 2018

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VIE ET ŒUVRES DE MONSEIGNEUR THÉOPHILE MBÉMBA

Publier le 23 juillet 2018

ANNÉE DE MONSEIGNEUR THÉOPHILE MBÉMBA
14 JUIN 2010 – 14 JUIN 2011

« Faisons l’éloge de ces personnages glorieux qui sont nos ancêtres. Il y a des gens dont le souvenir s’est perdu il n’en est pas ainsi des hommes de miséricorde, leurs œuvres de justice n’ont pas été oubliées : les peuples raconteront leur sagesse, l’assemblée proclamera leurs louanges », (Sir 44, 10.15).

Homme de miséricorde, Monseigneur Théophile l’a été. Il a vraiment fait sien le mot du Christ : « j’ai pitié de cette foule, ils sont comme de brebis sans berger » Mt 9, 37-38. Il avait pitié de la carence d’hommes de Dieu pour évangéliser ce peuple : il avait en effet pitié de ce peuple à cause de ses conditions de vie économiques et sociales lamentables ; c’est une grâce de faire connaître ses œuvres aux générations à venir pour qu’elles ne soient pas oubliées. Mais qu’elles deviennent un véritable mémorial, c’est une source de grâces pour le Congo.

I - BIOGRAPHIE DE MONSEIGNEUR THÉOPHILE MBÉMBA
« MA MBÉMBA »

Le 06 mai 1917, Monseigneur Théophile MBEMBA d’heureuse mémoire voyait le jour au village Mpiaka, aux environs de l’actuelle sous-préfecture de Brazzaville ; il est le 7e des neuf enfants de BOUNKAZI et de MALOUNGA Marie dont six (06) garçons et trois (03) filles tous chrétiennement décédés aujourd’hui.

Le 3 juin 1925, il sera baptisé à sept (07) ans, à Kindamba, en l’église Saint Théophile où il fut emmené par l’un de ses aînés nommé Jacques qui y était affecté comme enseignant.

- Le 02 Mai 1926 : Il fait sa première communion.

- Le 30 Juin 1926 : Il recevait la confirmation.

- 1927 : Retour à Brazzaville et entrée à l’école de Sainte Jeanne D’Arc, derrière la Cathédrale.

- 1930 : Se sentant la vocation de prêtre il demandera d’entrer au petit séminaire. Ils étaient une promotion de neuf (09) dont deux seulement deviendront prêtres : lui et l’Abbé Fulbert YOULOU.

- 1934 : Il est envoyé au Séminaire d’AKONO au Cameroun (secondaire).

- 1936 : Il est admis au grand séminaire de Yaoundé

- 1939-1945 : Grand séminaire Saint Jean de Libreville au Gabon pour la Théologie.

- 1945 : De Retour à Brazzaville, il termine ces cours de théologie avec le Père AUZANNEAU (Père Spiritain).

- 1946 : Le 09 juin, jour de la Pentecôte, l’Abbé Théophile est heureux d’être ordonné Prêtre avec quatre (04) autres : Abbé Fulbert YOULOU, Abbé Louis LOUBASSOU, Abbé Benoît NGASSONGO et l’Abbé Raphaël NDANGUE ;

- 1946 – 1947 : Vicaire paroissial à Saint Joseph de Linzolo 

- 1948 – 1949 : Il enseigne au Petit Séminaire de Mbamou

- 1949 – 1956 : Vicaire paroissial à VOKA avec l’Abbé Louis LOUBASSOU, l’Abbé Théophile y restera jusqu’en 1956. Il est aussi Directeur de l’école (très aimé !)

Il exerce une pastorale très fructueuse dans le secteur de Mbanza-Nganga en compagnie de l’Abbé Louis LOUBASSOU son promotionnaire. L’abbé Théophile y montra beaucoup d’assiduité et faisait montre de beaucoup d’initiatives constructives

- 1956 : Son efficacité pastorale et pédagogique attira l’attention de Monseigneur Michel Bernard, l’Archevêque de Brazzaville qui n’hésite pas de l’appeler auprès de lui pour en faire plus tard son Vicaire Général.

- 1956 : L’Abbé Théophile plein d’entrain, est nommé Curé de l’une des plus grandes paroisses de Brazzaville Notre Dame du Rosaire à Bacongo. Avec son aménité proverbiale de chef de village, l’abbé Théophile assumera cette lourde charge avec brio. Il avait pour vicaires paroissiaux deux missionnaires français. Il fut le premier curé à lancer à Brazzaville la pratique du Conseil Paroissial. Il lance des unités de production : fabrique des agglos. Quand il quittera Notre Dame du Rosaire, il laissera 3 millions dans la caisse de la paroisse.

- 1958 : Quand seront créés les doyennés, d’emblée l’Abbé Théophile est nommé Curé doyen du territoire de la sous-préfecture de Brazzaville. (Bacongo, Makélékélé ?)

- 1960 : Vite Mgr Michel Bernard nomme l’Abbé Théophile Vicaire Général, il est aussi Responsable de la Fraternité de l’Union « Jésus Caritas » du Diocèse de Brazzaville, regroupant des Prêtres voulant vivre la spiritualité du Père de Foucauld.

L’Abbé Théophile, simple et affable fut très admiré et respecté de tous. Les fidèles le vénéraient et l’aimaient.

N.B.  : Au plan politique, le peuple congolais était tout en liesse et tout émerveillé pour l’Abbé Fulbert YOULOU, qui était passé Maire de Brazzaville puis premier Président élu ! mais au milieu de cette liesse un cœur était blessé, celui de l’Archevêque.de Brazzaville

- 1961 : Mgr Michel Bernard peut-on dire a harcelé Rome pour la candidature unique de l’Abbé Théophile. Le 2 Décembre 1961, le Pape Jean XXIII nomma l’Abbé Théophile MBEMBA, Premier Evêque Congolais et Coadjuteur de Mgr Michel Bernard, Archevêque de Brazzaville, il fut nommé sous le titre « d’Evêque de TUBIA ». Le 3 décembre Radio Congo annonçait officiellement la Nouvelle et le Congo exulta. Partout c’est l’émerveillement général.

- Le 02 Janvier1962 : Mgr Théophile, quitte sa chère paroisse Notre Dame du Rosaire pour aller à la Cathédrale.

- 1962 : Le 11 Février, Fête de Notre Dame de Lourdes, « sa bien aimée Mère du Congo », Mgr Théophile Mbemba fut sacré Evêque par son Excellence Mgr Michel Bernard, Archevêque de Brazzaville assisté par Mgr MONGO de DOUALA, au Cameroun et Mgr ZITA, Évêque de Matadi : la cérémonie eut lieu dans le Stade Félix EBOUE, devant une foule immense en grande liesse !

A partir de 1962, il est désigné comme Père du Concile Vatican II ; et c’est en plein Concile que le Pape lui demandera de revenir à Brazzaville, à cause de l’arrestation de Mr l’Abbé Louis BADILA. Ce fut la grande occasion pour tout le Clergé de jauger encore une fois l’esprit de sagesse qui l’animait. En effet de l’Aéroport il rejoignait son Clergé rassemblé au rez-de-chaussée du bâtiment A à droite de la Place Mariale. Assis il écouta le récit. Tous nous souhaitions une marche des chrétiens. Quand il eut écouté le récit, Monseigneur Théophile poussa son soupir habituel : « Ah MBEMBA BOUNKAZI ! Pas de marche des chrétiens : c’est un piège. Il se leva et renvoya tout le monde à la prière. Quelque temps après, un gendarme chrétien vint le confirmer que c’était un piège !

Le 23 juin 1964, il est nommé Archevêque de Brazzaville et sera intronisé le 7 février 1965, moins d’un mois avant l’arrestation de l’Abbé Émile BIAYENDA.

Le lundi 14 juin 1971, à l’aube vers l’heure des messes matinales, son Excellence Monseigneur Théophile MBEMBA nous quittait dans la paix et la discrétion, et entrait dans la joie de son Maître, Père des cieux.

II - L’EPISCOPAT DE MONSEIGNEUR THÉOPHILE MBÉMBA
UNE VIE DE MARTYRE BLANC

L’épiscopat de son Excellence Monseigneur Théophile MBEMBA ne dura qu’une décennie (1961-1971). Un épiscopat court mais qui a replanté l’Eglise de Brazzaville en refortifiant son édifice par de solides fondations et de piliers plus armés. Ses dix années d’épiscopat furent un véritable martyre blanc. C’est justement la décennie du bouleversement du Congo.

Monseigneur Théophile MBEMBA fut un serviteur souffrant, il a beaucoup souffert en silence, et dans son corps, et dans son cœur de bon pasteur.

Il a souffert dans son corps : il souffrait de la trypanosomiase ou maladie de sommeil. Pourtant on ne le voyait jamais somnoler en public ni dans les cérémonies. Il avait aussi le diabète et une forte myopie qui l’a beaucoup gêné. Quand il fut nommé Évêque, quelques prêtres expatriés ricanaient devant les paroissiens qui se réjouissaient trop. Ils disaient : « Ce n’est qu’un malade qu’on vous a donné comme Évêque ! ». Ce handicap des yeux le faisait souffrir, parce qu’il aimait lire et il voulait surtout écrire un résumé de l’histoire du Congo du professeur Georges Balandier qui parle des « Rois de Kongo dya ntotila ». Monseigneur Théophile aimait raconter les détails précis sur ces Rois de Kongo dya ntotila. Ses lunettes étaient si épaisses que dès que la page bougeait, il ne voyait plus. Souvent pendant les cérémonies solennelles il arrivait que le Père Ferron ou l’Abbé Isidore MALONGA l’aidaient à lire. Comme il aimait donner la Communion il s’était créé une technique : il tenait l’hostie avec le pouce et l’index, il étendait les trois autres doigts de manière à toucher le menton, alors il déposait avec justesse l’hostie sur la langue du fidèle. Dieu est merveilleux qui l’a doté d’une grande mémoire ; il reconnaissait les gens par le pas de la marche.

Les souffrances qui l’ont fait vivre un véritable martyre blanc lui vinrent d’une part de la violence subie par ses chers prêtres : l’arrestation de l’Abbé Louis BADILA, du Père Robyr, enfin de l’Abbé Emile BIAYENDA qui heureusement va éteindre la rage des persécutions ; d’autre part les vocations religieuses, avec la fondation des Sœurs Congolaises du Rosaire de Zoungoula. Reçu successivement par les Papes Jean XXIII et Paul VI, Monseigneur Théophile entendit des deux Papes la même plainte : « Si tu n’as aucune Congrégation autochtone dans ton Diocèse, Monseigneur Théophile, ton Eglise est bâtie sur le sable ». C’est ainsi qu’il va lancer les deux Congrégations : Les Frères de Saint Joseph et les Sœurs Religieuses Congolaises du Rosaire. Mais l’opposition fut telle que Monseigneur MBEMBA blessé, dut taper sur la table : il suspendit le recrutement des autres Congrégations afin de lancer le Juvénat de Zoungoula. Des pétitions violentes furent envoyées à Rome contre Monseigneur MBEMBA. Mais Rome au lieu des blâmes, envoyait des subsides à Monseigneur Théophile pour bâtir les structures de la nouvelle Congrégation et celles des Frères de Saint Joseph et du Cœur Immaculé de Marie.

Contre vents et marées, Monseigneur Théophile MBEMBA a tenu à planter son Eglise solidement. Mais Dieu a voulu permettre que sa glycémie en reçût un coup. Et quand le matin du 14 juin 1971 Monseigneur MBEMBA d’heureuse mémoire rendit l’âme à son Dieu et Père, ce fut grand soulagement dans le camp des opposants à l’œuvre divine clairement approuvée par Rome. C’est l’essentiel. Aussitôt que le corps de Monseigneur fut déposé au fond de la Cathédrale, Monseigneur Forêt murmura souriant à l’oreille du Cardinal Emile BIAYENDA, Nouvel Archevêque que : « Maintenant vous allez ouvrir le recrutement des Congrégations ! ». Le Cardinal fit éclater son indignation. « Comment Excellence vous osez me demander cela, alors que le corps de Monseigneur Théophile vient à peine d’être déposé en terre ».

III - MONSEIGNEUR THÉOPHILE MBÉMBA MODÈLE DE MESSAGER DE L’ÉVANGILE DU SALUT

En regardant la vie et l’œuvre de Monseigneur Théophile MBEMBA, nous pouvons mieux comprendre le vrai sens biblique du message de la Bonne Nouvelle à annoncer en parole, en vie et en œuvres.

L’Evangile, la Bonne Nouvelle n’est pas, pour lui, l’annonce d’un salut spirituel, mais d’un salut concret, qui libère l’homme de ses problèmes de vie. Jésus-Christ évangélisa : il annonça la venue du royaume par des preuves de vies sauvées. Annoncer l’Evangile, la Bonne Nouvelle du salut promis, c’est dire aux gens « vous allez être bien maintenant » parce que Jésus, Dieu fait homme, est là tout près de vous. L’envoyé incarne la présence de Jésus qui sauve. Alors, le prêtre est tenu de faire quelque chose qui transforme la vie. « Qui vous accueille, m’accueille » (Mat. 10, 40) dit Jésus qui « a passé en faisant le bien » (Ac, 10,38).

C’est cet évangile que le Messager Théophile proclama. Il annonça le temps du Règne de Dieu et il inaugurait les conditions qui permettent aux gens de « vivre bien » désormais parce que Jésus a fait irruption dans leur vie.

Pour Théophile MBEMBA, prêtre comme évêque, évangéliser c’est annoncer « la Bonne nouvelle que les gens vont être bien parce que Jésus est tout près d’eux et il a pitié d’eux qui sont comme des brebis sans berger » Cette bonne nouvelle , il la proclamait dans les villages commis à sa charge pendant son ministère de brousse (Linzolo, Voka ) où on pouvait le voir heureux de ramener à pied, une foule de catéchumènes hommes, femmes, jeunes, à la mission , pour leur préparation aux sacrements, réellement comme un bon pasteur.

- C’est cette bonne nouvelle qui résonne dans la Bible et se vit jusqu’à nos jours.

- C’est cette Bonne Nouvelle qui a été prévue dans le Projet de Dieu confié à l’homme : « Yahweh Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver (prendre soin) et pour le garder (le protéger) (Gn 2, 15).

- C’est une telle Bonne Nouvelle qui a été proclamée par les Prophètes dans la Bible : « Alors les yeux des aveugles verront… Alors le désert deviendra un verger… » (Is 35, 5 +) ;

- C’est aussi une telle Bonne Nouvelle que Jésus fait vivre et dont il a rappelé les signes messianiques à Jean Baptiste afin qu’il reconnaisse en Jésus la présence du Messie attendu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, le sourds entendent… » (Lc 7, 22).

- C’est justement une telle Bonne Nouvelle que dans la Primitive Eglise, les Apôtres ont cherchée à proclamer et à démontrer : « Aussi parmi eux, nul n’était dans le besoin » (Ac 4, 34).

- Enfin, de nos jours, c’est une telle annonce concrète qui a fait glorifier Dieu dans la vie de Mère Teresa de Calcutta, parce que grâce à elle, des indiens miséreux ont eu à manger, à se loger et à être ensevelis dans la dignité.

Voilà l’Evangile, la Bonne Nouvelle pour laquelle Monseigneur Théophile souhaitait voir fleurir des vocations d’hommes de Dieu, prêtres, religieux, religieuses, capables de développer les paroisses en vue de contribuer au développement de notre Congo.

Le Prêtre et l’Evêque Théophile l’a bien compris : la mission des Serviteurs de Dieu consiste à annoncer la venue du salut en Jésus et à inaugurer la vie du royaume des Cieux en aidant les gens à améliorer leurs conditions de vie, à faire que les gens commencent à vivre mieux une vie digne des hommes créés à l’image de Dieu en sorte que la vie sur la terre soit belle comme elle l’est au ciel ; c’est cet idéal que Jésus, le Fils de Dieu nous fait demander dans le Notre Père, la prière fondatrice des enfants de Dieu (Mt 6, 9 +).

Monseigneur Théophile MBEMBA, c’est donc un modèle pour nous : il a évangélisé à la manière des Apôtres en annonçant le Sauveur Jésus et en cherchant à inaugurer la vie du Royaume, la vie des hommes créés par Dieu sains de corps et sains d’esprit. Il le disait souvent en citant le dicton latin : « Mens sana in corpore sano ! ».

IV – LES ŒUVRES DE MONSEIGNEUR THEOPHILE MBEMBA

Monseigneur Théophile MBEMBA, avec à peine une dizaine d’années d’épiscopat (1961 – 1971) a beaucoup contribué à changer les conditions de l’Eglise et a tant soit peu, changé la vie des hommes au Congo. Voici quelques œuvres qu’il a accomplies au nom de l’Evangile :

A) Les écrits :

Trois lettres pastorales qui expriment bien les grands soucis de son cœur de prêtre :

1- Directives pastorales à propos de l’avortement (novembre 1969) ;

2- Le Développement (Carême 1970) ;

3- Devant les conditions des veuves dans notre société (Carême 1971)

N.B.  : Cette lettre, ayant été écrite quatre mois avant la mort de son propre frère, ta LUBAKI, Monseigneur Théophile MBEMBA l’a lui-même appliquée à la lettre, touchant la veuve laissée par celui-ci. Il laissait ainsi un exemple à suivre. C’était aussi sa dernière lettre pastorale.

4- Des manuscrits sur les coutumes congolaises qui pourraient faire un jour l’objet d’une publication ;

5- Des compositions musicales dont le célèbre chant à Marie pour les vocations :
« Nsola na yo, m’situ na yo
Kâ bisadi bikondolo
Solandi bâla Maria
Mu vumbula nsi ya Kongo
 » (…)

B) Les œuvres sociales et pastorales :

1) Une briqueterie à Notre-Dame de Bacongo que l’Abbé Théophile MBEMBA gérait si bien qu’il avait laissé en caisse 3.000.000 F CFA au moment où il quittera cette paroisse pour rejoindre l’archevêché en 1962 en tant que vicaire général.

2) Les fermes de Comba (Kingoyi actuel) et de Mfilou qui comportaient respectivement des milliers de bovins, porcs et lapins, pour le bien-être de son Clergé.

3) La construction de huit (8) villas autour de l’archevêché et leur mise en location pour l’entretien de son clergé et de ses séminaires ;

4) L’Imprimerie Saint-Paul qui devait donner du travail aux frères et aux sœurs ;

5) Le garage de l’archevêché, tenu par les frères de saint Joseph ;

6) La menuiserie de Kinsundi toujours avec les Frères de Saint Joseph ;

7) Le nouveau séminaire Libermann (actuel E. BIAYENDA et G.F. SINGHA) ;

8) Le projet d’un lycée technique pour la formation de Frères et des Sœurs, mais qui n’a pas abouti ;

9) Les honoraires de messes désormais versées en espèces au prêtre célébrant ce qui n’était pas le cas auparavant et amena un grand soulagement dans le milieu sacerdotal, tant expatrié que local ;

10) L’attribution à tous les anciens travailleurs de la mission catholique de l’Allocation de Retraite Minimum Garantie accordée à tous les travailleurs du Congo qui n’avaient pas versé de cotisation, selon l’Ordonnance 62-25 du 16 octobre 1962, signée par le Président Abbé Fulbert YOULOU. Ce dernier, en effet, devenu Chef de l’Etat, encouragea très fort son promotionnaire à déclarer à la Caisse de la Sécurité Sociale, tous ceux qui, avec leur famille, avaient accepté de passer leur vie au service des missions catholiques. C’est donc cette allocation qui a permis aux anciens maîtres d’école, catéchistes, ouvriers, sacristains, cuisiniers, etc…, de toucher une retraite si minime fût-elle, ainsi que leurs veuves ;

11) Le maraîchage qu’il a pratiqué à Voka et qu’il avait confié à MBanza-Nganga à un Frère de St Joseph (Frère Basile) qui en livrait les produits à « Presto » (supermarché), à Brazzaville ;

12) L’œcuménisme ;

13) L’institution des ministres extraordinaires de la communion et des messes anticipées du dimanche. Il faut signaler que durant cette période marxiste, pour libérer la conscience des chrétiens le jour de la fête de l’Indépendance, fête nationale, le 15 août, il décida avec ses confrères de la Conférence Episcopale du Congo, de célébrer la fête de l’Assomption le 1er dimanche du mois d’août ;

14) La création des Fraternités féminines avec le P. Didace MALANDA, Spiritain et Mme Firmine MALEKAT ;

15) Le souci de l’Enseignement nationalisé le 12 août 1965, dont les structures passèrent toutes à l’État. Il mena une lutte acharnée pour défendre les bâtiments qui étaient confisqués par le régime en y envoyant des grands séminaristes en assurer la garde. Ce fut le cas par exemple des bâtiments attenant au lycée Chaminade et abritant le juvénat ZUNGULA de la nouvelle congrégation des Sœurs Congolaises du Rosaire. Il dut également prendre des positions très fortes pour défendre son personnel religieux enseignant souvent accusé à tord ;

16) L’instauration des catéchistes bénévoles et l’organisation des centres aérés dans les missions de la campagne pour assurer la formation catéchétique des enfants et des adolescents ;

17) Le lancement du collège MI MBEMBA à Bacongo, dans le but de recueillir les élèves abusivement renvoyés des écoles de l’État ;

18) La conception du catéchisme biblique : NZAMBI NI WIDIKILA traduit en lingala sous d’extraits : NA KOYAMBA NZAMBÉ

19) La mise en route de nouveaux mouvements d’apostolat surtout pour les enfants et les jeunes : Kizito avec le Frère Marie Alphonse NDOURI, Gabriéliste ; Yamboté avec le Frère Jean-Marie DANIS, Marianiste, Téléma …qui tentent de remplacer les mouvements désormais interdits avec la nationalisation des écoles comme les Scouts, Guides, Cœurs Vaillants, Ames Vaillantes, Louveteaux etc…

20) La création de deux congrégations religieuses diocésaines :

- Celle des Frères de Saint Joseph avec l’autorisation par Mgr ADAM, du Gabon, évêque fondateur des frères de Saint Joseph de Libreville ;

- Celle des Religieuses Congolaises du Rosaire.

On peut dire que ce fut là son calvaire jusqu’à sa mort.

21) L’envoi de nombreux garçons au Séminaire et de quelques filles au Juvénat ;

22) La bénédiction à NGABE de la chapelle où repose le Père E. PRATT, missionnaire spiritain, mort sur le fleuve (il y prononça l’homélie en langue téké) !

C – Spiritualité de Monseigneur Théophile MBEMBA

Monseigneur Théophile MBEMBA était un homme de prière. Tant que sa vue le lui permettait, il disait son bréviaire aux heures réglementaires ; ses écoliers de Voka peuvent en témoigner car il ne fallait pas saluer « Taata Labé » quand il se promenait avec son livre noir. Il était interdit de déranger le prêtre qui disait son bréviaire.

Lorsque sa cécité devint trop prononcée, Monseigneur obtint de Rome l’autorisation de remplacer la récitation du bréviaire par celle du Rosaire. Ses soucis pastoraux lui arrachaient souvent des larmes devant le Saint Sacrement, et le chapelet lui redonnait courage. Cette vie de prière lui permettait de se présenter, le matin, le regard serein, devant son peuple et son clergé.

Voilà l’Évangile pour lequel Monseigneur Théophile MBEMBA souhaitait voir fleurir beaucoup de vocations de prêtres, de religieux, de religieuses, capables de contribuer au développement de l’Église, et, partant, du Congo tout entier. Que les hommes de Dieu qui annoncent le salut aident les gens à acquérir des conditions de vie dignes de l’homme, créé à l’image de Dieu !

V - CONCLUSION

Pour Monseigneur Théophile MBEMBA, évangéliser le Congo n’est pas parler d’aller au ciel, mais annoncer et commencer à réaliser « la Bonne Nouvelle » suivante à savoir que Jésus notre Sauveur est venu parmi nous les hommes. Ainsi maintenant les gens vont être bien et vivre dans des meilleures conditions (Mt 25, 38-40), parce que sur la terre au nom de Jésus ses disciples vont s’occuper de la vie les uns des autres. Telle est dans la Bible la Bonne Nouvelle des temps messianique du salut.

 

Sœur Marie Thérèse NKOUKA
Abbé Isidore MALONGA VOUVOUKA

 


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