mardi 13 novembre 2018

Lectures du jour

Saint du jour


 

Reine de la Paix et
de la Réconciliation



            

            

HOMÉLIE DU SAMEDI 13 OCTOBRE 2018, A L’OCCASION DE LA BENEDICT ION DE LA NOUVELLE ÉGLISE DE SAINTE CLAIRE DE DJIRI

Publier le 22 octobre 2018

Chers Frères et Sœurs,

Le 26 avril 2016, nous nous étions rassemblés en ce lieu pour célébrer l’Eucharistie, à l’issue de laquelle nous procédâmes à la pose de la première pierre de l’édifice surgi de terre, que nous voyons aujourd’hui de nos propres yeux.

Ce samedi 13 octobre 2018, nous sommes réunis de nouveau en ce lieu pour rendre grâce à Dieu pour ce bel édifice qui lui sera dédicacé tout à l’heure. Ce jour à n’en point douter, n’est pas un jour comme les autres. En effet pour vous communauté paroissiale de Sainte Claire de Djiri et pour nous, diocèse de Brazzaville, ce samedi est chargé de sens : il marque la consécration de notre église, nouvellement bâtie, édifice qui manquait à notre zone pastorale de Djiri, dont la population s’accroit au fil des années. Ce chef d’œuvre au cœur de notre quartier, est donc un grand cadeau, et surtout, un vrai soulagement pour vous paroissiens de Sainte Claire qui, jadis célébraient l’eucharistie dans des conditions peu viables.

C’est ici l’occasion de dire merci d’abord à Dieu notre Père qui nous aime de toute éternité. Mes félicitations et mes remerciements les plus sincères vont au Père Constant qui a été la cheville ouvrière de cette Église par sa persévérance et sa détermination. À travers lui, je remercie toute la communauté franciscaine de Djiri. Merci à l’entrepreneur, aux ouvriers qui par leur savoir-faire, leur sueur, leur travail, ont réalisé cette œuvre et consenti d’énormes sacrifices pour mettre à la disposition de Djiri, une Église aux normes de la modernité et dont l’éclat nous fait participer à plein pied à la liturgie du ciel.

Je remercie de manière particulière Madame Marie Ange, la marraine du Père Constant qui a assumé et assuré presque la totalité de la construction de cette Église. En mon nom personnel et au nom de tous les chrétiens de Djiri, je vous adresse toute notre gratitude et toute notre reconnaissance.

A vous tous qui êtes venus participer à cette célébration, j’adresse toutes mes salutations.

Chers chrétiens de Djiri, désormais, vous avez, ici dans votre quartier un haut lieu de prière. Ce jour est donc pour vous, un jour de fête, un jour d’allégresse immense. La tristesse n’a pas sa place aujourd’hui ici à Djiri. Faisons nôtres les paroles de Néhémie :

« Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » ... : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

La lecture du livre de Néhémie, proposée à notre écoute, nous décrit la fête la plus populaire, la plus joyeuse aussi. On l’appelait la fête de Yahvé (Lv 33,39), la fête par excellence. D’après la Tradition, c’est à cette occasion que Salomon avait fait la dédicace du Temple, que l’Arche de l’Alliance y avait été transférée et que la « gloire de Yahvé », signe sensible de la présence de Dieu au milieu de son peuple, avait pris possession du Temple. (cf 1 R 8). Aujourd’hui, à Djiri, est aussi un jour de fête, un jour de joie. Le don d’une Église est un motif de joie légitime.

Le Temple était l’une des Institutions les plus sacrées du peuple juif parce qu’il matérialise, manifeste la présence de Dieu au milieu de son peuple. C’est là que Dieu convoque son peuple en Assemblée (Ekklesia) pour le nourrir de sa Parole. Il était l’objet d’une grande vénération. Le temple de Jérusalem faisait la fierté du peuple juif. Les psaumes des montées expriment la joie qui étreignaient les pèlerins se rendant à Jérusalem. Certains d’entre eux ne manquaient pas de verser des larmes de joie émotionnelle, en apercevant le temple. Le temple a toujours été considéré par les Juifs comme un endroit où la présence de Yahweh était particulière. Dans le désert, déjà, il se manifestait dans la Tente de réunion : là, Moïse parlait avec le Seigneur, comme on parle à un ami.

Avons-nous besoin d’une Église alors que nous avons appris au catéchisme que Dieu est présent au ciel, sur la terre et partout dans le monde. Si Dieu est partout, nous pouvons alors l’adorer n’importe où et partout. Même si Dieu est partout, l’homme a toujours eu le réflexe de s’aménager un lieu de prière, un espace sacré. Ce n’est pas dans la cuisine ou dans un poulailler que nous irons adorer Dieu. L’homme s’est toujours aménagé un espace privilégié, un espace sacré où il prie Dieu, il rencontre son Dieu.

Comme autrefois Salomon pour le temple de Jérusalem, l’Église s’est toujours plue à mettre en œuvre toutes les ressources du génie humain et toutes les richesses de la nature pour rendre hommage à Dieu le Créateur de toutes choses.

Le temple, a dit le Pape Jean-Paul II, « est la maison de Dieu et votre maison. Appréciez-le, donc, comme lieu de rencontre avec le Père commun ». Chrétiens de Djiri, soyez heureux d’avoir votre lieu de prière. C’est ici que chaque dimanche, Dieu vous convoquera ensemble pour écouter sa Parole, pour vous nourrir de son corps. Dans la prière de consécration que j’ai élevée tout à l’heure, j’ai prononcé entre autres ces paroles :

« Heureuse Église, elle est la demeure de Dieu parmi les hommes, le temple saint fait de pierres vivantes, fondé sur les Apôtres et qui a pour pierre angulaire le Christ-Jésus »

La lettre de St Pierre que nous avons écoutée en deuxième lecture, nous permet de comprendre ce que doivent être les chrétiens. Jésus est comme la pierre angulaire, la première pierre de cet édifice, les chrétiens sont comme les autres pierres de cette construction. St Pierre, en de termes profonds, nobles et audacieux, brosse le sacerdoce commun des fidèles quand il déclare aux fidèles : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu ». (1 P 2,9-10 ; cf Ex 19,5-6)

L’image du temple est employée plusieurs fois par saint Paul : « Le temple de Dieu est saint et ce temple c’est vous » (1 Co 3,16). « Vous avez été intégrés dans la construction qui a... Jésus Christ lui-même pour pierre maîtresse. En lui toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur » (Ep 2,22).

Tous ensemble, les baptisés unis au Christ, nous formons le peuple de Dieu. Et l’Apôtre ne craint pas de dire que le peuple croyant doit jouer dans l’humanité un rôle sacerdotal. Qu’est-ce à dire ? Jésus est le grand prêtre de l’humanité ; étant à la fois homme et Dieu, il relie les hommes à leur Dieu. Il leur fait connaître Dieu et sa tendresse pour les hommes ; il fait monter vers Dieu la prière de tous. Il est le lien qui unit les hommes à Dieu et qui veut faire vivre les hommes en communion d’amour avec Dieu.

En revenant au livre de Néhémie, c’est dans le temple qu’est célébrée la Parole de Dieu. Le récit de Néhémie nous présente le grand rassemblement des exilés de retour en Israël, autour de la Parole de Dieu. Ainsi, avec le prêtre Esdras, nous assistons à la première lecture publique de la Bible comme Parole de Dieu, écrite, lue, écoutée et commentée. Nous y retrouvons la structure, le déroulement de la liturgie de la Parole de nos Assemblées eucharistiques actuelles. Comme elle était joyeuse, la célébration de la Parole selon Esdras !
Vous aussi chrétiens de Djiri, êtes invités chaque dimanche, à écouter la Parole de Jésus. Elle est parole de vie. C’est le Christ qui nous parle tandis qu’on lit cette Parole.

« Nos cœurs n’étaient-ils pas brûlants quand il nous expliquait les Écritures ». s’expriment les deux disciples d’Emmaüs

Alors, « écouter », « suivre », comme nous le recommande St Jean dans son Évangile, ne veut pas dire seulement « entendre », mais être attentif à la parole de de Jésus, le Bon Pasteur et à aussi à sa personne. Le mot « écouter » signifie la docilité de l’esprit pour exécuter le message, comme le fait comprendre le mot « suivre ».

Suis-je ce vrai disciple de Jésus, attentif au message évangélique et préoccupé de le faire passer dans ma vie personnelle et dans la vie de ma famille, de mon quartier, de ma paroisse ?

Suivre Jésus, c’est, dans la vie de chaque jour, penser à sa présence en moi, c’est, comme lui, voir en Dieu un Père aimant et me comporter en enfant, c’est servir tous les autres comme des frères, parce qu’il existe un seul Père qui aime tous ses enfants. Suivre Jésus, c’est marcher dans la lumière, la vérité, l’amour.

Ainsi nous répondrons à notre vocation baptismale, celle d’être une « Nation sainte, sacerdoce royal, race choisie ». Nous voilà donc ensemble chargés d’annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

Amen !

 

Monseigneur Anatole Milandou,
Archevêque de Brazzaville.

 


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